établissements et services
L’Apogei 94 déploie des établissements et services qui accompagnent des personnes en situation de handicap pour répondre à leurs besoins et à leurs attentes.
Ils développent des espaces pour co-construire et mettre en œuvre leur projet de vie.
Pôle Enfance & adolescence
Dès le plus jeune âge, préparer les enfants à leur vie d’adulte
Si vous demandez à quelqu’un dans la rue ce qu’est un IME, vous récolterez probablement un regard dubitatif. Un IME, c’est un Institut Médico-Éducatif. Et derrière ce sigle un peu austère se cache une ressource essentielle pour des centaines d’enfants et d’adolescents en situation de handicap.

Qu'est-ce qu'un IME, concrètement ?
Un IME est un établissement médico-social qui accueille des enfants et adolescents de 0 à 20 ans présentant des troubles du neurodéveloppement (déficience intellectuelle, troubles du spectre de l’autisme, troubles psychiques, polyhandicap). L’IME est structuré autour de deux sections :
- SEES, Section d’Éducation et d’Enseignement Spécialisé, pour les enfants jusqu’à 14 ans
- SIPFP, Section d’Initiation et de Première Formation Professionnelle, pour les adolescents et jeunes majeurs jusqu’à 20 ans, et au-delà dans le cadre de l’amendement Creton
L’admission en IME passe obligatoirement par une notification de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), sur décision de la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées).
Les missions : un triptyque indissociable
L’IME repose sur trois missions indissociables, qu’on résume souvent par la formule « soigner, éduquer, apprendre ».
- La mission thérapeutique : suivi médical, paramédical (kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie) et psychologique. En réalité, on ne « soigne » pas le handicap, mais on accompagne les troubles associés, la douleur, le mieux-être somatique et psychique, avec un suivi général de santé en lien avec les parents et le médecin traitant
- La mission éducative : apprentissage de l’autonomie, de la vie sociale, des gestes du quotidien. C’est souvent le cœur battant de l’IME, celui qui change concrètement la vie d’un enfant
- La mission pédagogique : des apprentissages scolaires ou parascolaires pouvant aller jusqu’à lire, compter ou écrire, à son rythme, avec des outils adaptés, en lien étroit avec l’Éducation nationale via une unité d’enseignement. Bref, on apprend à « devenir élève » pour se préparer à jouer demain son rôle de citoyen à part entière
Ces trois missions ne fonctionnent jamais en silo. Un enfant qui apprend à compter avec l’éducatrice, qui travaille sa motricité fine avec le psychomotricien et qui prépare un exposé avec l’enseignant spécialisé : c’est la même journée, la même équipe, le même projet.
Un projet personnalisé pour chaque enfant
L’équipe pluridisciplinaire se réunit régulièrement pour construire et ajuster le Projet Personnalisé d’Accompagnement. C’est la feuille de route sur mesure de chaque enfant : ses objectifs, ses besoins, ses envies, revus au moins une fois par an avec la famille.
Comment se passe une semaine type ?
Les IME de l’Apogei 94 fonctionnent sur le rythme d’un externat de semaine : accueil à la journée, du lundi au vendredi, selon un calendrier proche de celui de l’Éducation nationale. Le transport entre le domicile et l’établissement est prévu par l’IME, à moins que l’enfant ne soit suffisamment autonome. La restauration du midi est organisée par l’établissement. Les temps de prise en charge scolaire sont assurés au sein de l’IME ou en milieu scolaire ordinaire, selon le projet de l’enfant, au sein d’unités d’enseignement. Pour les enfants scolarisés à temps plein en école ordinaire, un SESSAD adossé à l’IME peut assurer un accompagnement dans tous les lieux de vie : école, périscolaire, loisirs et sports, vie à la maison. Au sein de l’IME, un emploi du temps structuré permet d’alterner temps pédagogiques, ateliers éducatifs, rééducations paramédicales et temps plus libres. L’objectif reste que l’enfant s’épanouisse et développe à son rythme toutes ses capacités.
Les enjeux actuels
- la scolarisation en milieu ordinaire est de plus en plus encouragée, y compris pour des enfants historiquement orientés en IME ;
- les expertises médico-sociales sont appelées à se décloisonner et à suivre davantage l’enfant dans ses différents lieux de vie, avec un fonctionnement en plateforme de services mêlant accueil spécialisé, appuis en milieu scolaire et solutions de répit.
Les établissements du pôle
Pôle Habitat & vie sociale
Habiter, accompagner, inclure : la citoyenneté à l’épreuve du quotidien
Accompagner une personne en situation de handicap dans son hébergement, ce n’est jamais juste la loger. C’est décider, collectivement, du degré de présence humaine autour d’elle, des stratégies de mobilisation de ses compétences pour accomplir les actes du quotidien, du niveau de sécurité qu’on lui doit, et du niveau de liberté et d’autonomie qu’il est raisonnable de lui laisser. Entre le foyer d’hébergement collectif et le studio en habitat diffus avec passage d’un SAVS deux fois par semaine, il n’y a pas qu’une différence de mètres carrés. Il y a une philosophie entière de ce que signifie « bien vivre chez soi ».

Le foyer d'hébergement : articuler vie collective et autodétermination
Le foyer d’hébergement : articuler vie collective et autodétermination Le foyer d’hébergement peut être perçu comme un « internat pour adultes ». En réalité, il rend un service indispensable en offrant une présence humaine 24 heures sur 24, une sécurité rassurante et une vie collective qui, pour certains, permet de tisser des liens et d’éviter l’isolement.
Ses missions concrètes
- assurer l’hébergement, la restauration et l’accompagnement quotidien : lever, toilette, repas, activités ;
- garantir une présence éducative et parfois soignante en continu ;
- organiser la vie collective : règlement de fonctionnement, projets d’animation, conseil de la vie sociale ;
- articuler l’accompagnement avec les activités de journée : ESAT, foyer de vie, accueil de jour.
L'habitat accompagne ou partagé : une marche vers l'habitat ordinaire
Vient ensuite toute la famille des solutions inclusives qui se développent ces dernières années : colocations partagées, appartements en diffus, habitats regroupés avec présence intermittente, résidences services. L’idée commune : la personne a son chez-soi (un vrai bail, un vrai domicile, un vrai statut) et l’accompagnement vient à elle, avec une intensité modulée selon ses besoins.
Les missions de ces habitats intermédiaires
- recherche et sécurisation du logement : négociation avec les bailleurs sociaux, montage des dossiers, parfois baux glissants ;
- coordination de la présence humaine : veilleurs de nuit mutualisés, professionnels de passage, astreintes ;
- soutien à l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne : budget, courses, cuisine, entretien du logement ;
- médiation avec le voisinage et les partenaires ;
- construction du projet personnalisé, avec en toile de fond la question qu’on pose trop rarement : qu’est-ce que la personne accompagnée a envie de faire de sa vie dans ce quartier ?
SAVS et SAMSAH : l'accompagnement qui vient sonner chez vous
Les Services d’Accompagnement à la Vie Sociale et les Services d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés incarnent la version la plus légère et la plus exigeante en matière de coordination et de soutien à domicile. Pas de mur, pas de bâtiment collectif : des professionnels qui se déplacent chez la personne, dans son propre logement.
Les missions du SAVS
- accompagnement social global : démarches administratives, gestion budgétaire, accès aux droits ;
- soutien à l’insertion dans la vie sociale, culturelle et de loisirs du territoire ;
- aide à la construction et au maintien des relations familiales, amicales et de voisinage.
Les missions complémentaires du SAMSAH
- coordination des soins et suivi médical et paramédical ;
- interventions en soins infirmiers, kinésithérapie, accompagnement psychologique selon les besoins ;
- veille sur l’état de santé global et prévention des ruptures de parcours.
Alors, quelle solution choisir ?
Il n’y a pas de solution meilleure qu’une autre dans l’absolu. Un bon système d’habitat et d’accompagnement, c’est un ascenseur à plusieurs portes, où la personne peut entrer et sortir selon ses besoins du moment : une hospitalisation, une rupture familiale, une envie de plus d’indépendance, une fatigue passagère, un besoin de réassurance, un projet de prise d’autonomie.
Les établissements du pôle
Pôle Établissements & services médicalisés
Maisons d’Accueil Spécialisé et Foyers d’Accueil Médicalisé : des missions qui se déclinent selon les publics accueillis.
Les Maisons d’Accueil Spécialisé et les Foyers d’Accueil Médicalisé constituent le socle de l’accompagnement médico-social des adultes en situation de handicap nécessitant une prise en charge lourde, associant surveillance médicale, soins et accompagnement à la vie quotidienne. Si leur cadre juridique et leur financement diffèrent, leurs missions se déclinent de manière très concrète selon les publics accueillis.

Pour les adultes handicapés vieillissants
L’allongement de l’espérance de vie des personnes en situation de handicap conduit les MAS et FAM à adapter leurs missions à des enjeux de vieillissement : maintien des capacités, prévention de la perte d’autonomie, accompagnement des poly-pathologies liées à l’âge, articulation avec le secteur gérontologique.
- Assurer une veille médicale et paramédicale renforcée face à la multiplication des comorbidités
- Prévenir le sur-handicap lié au vieillissement — perte de mobilité, isolement, dépression — par une évaluation gérontologique régulière
- Adapter les espaces de vie et les rythmes d’accompagnement
- Accompagner la fin de vie dans une logique de soins palliatifs, en lien avec les équipes mobiles et les réseaux territoriaux
- Maintenir le lien social et familial malgré la perte progressive d’autonomie
Au quotidien : ateliers de stimulation cognitive et sensorielle adaptés, kinésithérapie et psychomotricité ciblées sur la prévention des chutes, suivi nutritionnel individualisé, espaces de détente sensorielle, coordination avec les EHPAD et les équipes mobiles de gériatrie, activités de loisirs adaptées au rythme, et formation continue des équipes aux spécificités du vieillissement.
Pour les adultes avec troubles du spectre de l'autisme
Les MAS et FAM accueillant des adultes avec autisme ont pour mission de sécuriser l’environnement de vie, de réduire les troubles du comportement par une approche structurée et de développer les capacités de communication et d’autonomie, dans le respect des recommandations de la Haute Autorité de Santé.
- Mettre en œuvre des approches éducatives structurées et validées, plutôt que des approches uniquement occupationnelles
- Prévenir et gérer les comportements-problèmes par l’analyse fonctionnelle du comportement
- Développer des outils de communication alternative et augmentée pour les personnes non ou peu verbales
- Garantir la prévisibilité et la stabilité de l’environnement : repères spatio-temporels, rituels
- Limiter le recours aux psychotropes et privilégier les réponses éducatives et environnementales
Au quotidien : structuration visuelle de l’espace et du temps, ateliers de communication alternative animés par des professionnels formés, espaces de retrait sensoriel permettant l’auto-régulation, plans d’intervention individualisés, ateliers d’autonomie fonctionnelle décomposés en séquences, activités sensori-motrices encadrées, travail en réseau avec les Centres de Ressources Autisme et accompagnement des familles.
Pour les adultes polyhandicapés
- Garantir une présence médicale et paramédicale constante
- Prévenir les complications orthopédiques, respiratoires et digestives
- Offrir un accompagnement sensoriel et relationnel adapté à des capacités de communication très limitées
- Soutenir l’installation posturale et le confort corporel au quotidien
- Associer les familles à un projet de vie individualisé, souvent sur le très long terme
Une exigence de spécialisation
Si les MAS et FAM partagent un socle commun de missions (soins, accompagnement global, sécurité, qualité de vie) leur mise en œuvre varie sensiblement selon les publics accueillis. Le vieillissement appelle une vigilance accrue sur les comorbidités et les transitions de parcours. L’autisme sévère exige des approches éducatives structurées et un travail rigoureux sur le comportement et la communication. Le polyhandicap impose une médicalisation soutenue et une attention de chaque instant au confort corporel.
Les établissements du pôle
Pôle Travail & activités
Les ESAT : des savoir-faire au service des entreprises
À l’Apogei 94, on ne connaît pas l’oisiveté. Tous les jours, des adultes en situation de handicap viennent dans un ESAT (Établissement et Service d’Accompagnement par le Travail) pour y réaliser des activités de production et satisfaire des clients.

Les missions
L’idée première est de permettre à des personnes dont la capacité de travail est réduite au point de ne pas, ou pas encore, trouver leur place en milieu ordinaire ou en entreprise adaptée, d’exercer une activité professionnelle dans un cadre protégé. On pourrait résumer cela en trois mots : travailler, progresser, s’épanouir, chacun à son rythme et selon ses capacités.
L'ESAT a une double casquette
- Un volet professionnel : des activités de production (blanchisserie, espaces verts, sous-traitance industrielle, restauration, conditionnement) avec un vrai rythme de travail, des exigences de qualité, des montées en compétence possibles, des clients à satisfaire
- Un volet médico-social : soutien éducatif, psychologique, accompagnement social, formation. Tout ce qui permet à la personne de tenir la distance et, quand c’est possible, d’envisager une passerelle vers le milieu ordinaire
Un statut à part et des droits qui progressent
Les travailleurs d’ESAT ne sont pas des salariés au sens du Code du travail. Ils ont un statut d’usager du secteur médico-social, avec une orientation par la MDPH, un contrat de soutien et d’aide par le travail et une rémunération garantie. Depuis le plan de transformation des ESAT engagé en 2022, ils ont gagné des droits proches du droit commun : représentation via un Conseil de la Vie Sociale renforcé, instance mixte qui se rapproche d’un comité social et économique, droit de grève, protection contre les discriminations, accès à la médecine du travail, droit au retour à l’ESAT après une expérience en milieu ordinaire, etc.
Du côté de la rémunération, le travailleur d’ESAT peut compter sur une rémunération garantie comprise entre 55 % et 110 % du SMIC selon les cas, fruit de l’activité commerciale de l’ESAT et de l’aide au poste versée par l’État, qui vient s’ajouter à l’Allocation Adulte Handicapé.
L'insertion en milieu ordinaire : la plateforme Emploi-Inclusion
L’Apogei 94 a structuré sa politique d’inclusion par le travail en créant la plateforme Emploi-Inclusion, dont les missions sont :
- promouvoir le plan de transformation des ESAT en accompagnant les établissements dans l’accès aux nouveaux droits ;
- animer le réseau des chargés d’insertion des ESAT pour dynamiser les parcours d’inclusion professionnelle en milieu ordinaire ;
- assurer la prestation « emploi accompagné » par l’intermédiaire de job coachs, au plus près des demandeurs d’emploi en situation de handicap qui cherchent une solution en entreprise ;
- tisser le réseau de partenaires pour densifier l’écosystème du travail et du handicap : convention avec le service public de l’emploi, formations qualifiantes avec l’AFPA, mobilisation des entrepreneurs locaux, opération DuoDay.
Les services d'activité de jour
À proximité des ESAT, des services spécialisés accompagnent les personnes qui ne peuvent encore parvenir à la démarche active de production, ou qui souhaitent progressivement réduire leur activité professionnelle à l’approche de la retraite. Les accompagnements par l’activité non productive reposent sur une triple dynamique :
- Proposer des activités qui inscrivent la personne dans un statut d’adulte, en mobilisant ses capacités et ses droits. En cela le centre d’accueil de jour n’est pas une continuation de l’IME, mais un univers dans lequel l’adulte est responsable de ses propres choix ;
- Proposer des activités qui inscrivent la personne dans une dynamique de vie active, c’est-à-dire un rythme structurant qui mobilise des compétences et pose des exigences, en s’adaptant aux potentialités de chacun. En cela le centre d’accueil de jour n’est pas un espace occupationnel, mais un univers qui humanise la personne ;
- Proposer des activités qui inscrivent la personne dans une dynamique d’utilité sociale. Loin d’être réduite au statut de bénéficiaire, la personne accueillie est utile par les capacités qu’elle déploie et les actions qu’elle réalise au profit de son environnement de proximité : le collectif où elle est accueillie, le quartier où elle vit, le tissu associatif dans lequel elle s’inscrit, la société dans laquelle elle évolue.
Les établissements du pôle
Pôle Protection juridique des majeurs
ATVM : protéger les droits, préserver l’autonomie
Face au vieillissement de la population, à l’augmentation des situations de handicap et à la fragilisation de certains parcours de vie, ATVM (Apogei Tutelles du Val-de-Marne) accompagne les majeurs vulnérables dans le cadre de mesures de protection juridique. Son rôle : protéger les intérêts des personnes tout en respectant leur autonomie, leurs droits et leurs choix.

Les mesures de protection juridique des majeurs
Les mesures de protection juridique des majeurs La loi du 5 mars 2007, réformant la protection juridique des majeurs, puis la loi du 23 mars 2019 ont profondément renouvelé ce droit en réaffirmant deux principes cardinaux : la nécessité (la mesure doit être proportionnée et individualisée) et la subsidiarité (elle n’intervient que si aucune solution moins contraignante ne suffit, par exemple une procuration ou l’entraide familiale). Le Code de l’action sociale et des familles (CASF) et le Code civil organisent plusieurs régimes, gradués selon le degré d’altération des facultés de la personne.
La sauvegarde de justice
Mesure la plus légère et souvent transitoire, elle permet à une personne de conserver l’exercice de ses droits tout en étant protégée contre les actes qui pourraient lui porter préjudice. Elle intervient notamment dans l’attente d’une mesure plus adaptée, ou pour une durée limitée en cas d’altération passagère des facultés.
La curatelle
Elle s’adresse aux personnes ayant besoin d’être conseillées ou contrôlées dans les actes importants de la vie civile, sans pour autant être représentées de manière systématique. On distingue la curatelle simple (la personne agit seule pour les actes de gestion courante) et la curatelle renforcée (le curateur perçoit les revenus et règle les dépenses).
La tutelle
Régime le plus protecteur, il s’applique lorsque la personne doit être représentée de manière continue dans les actes de la vie civile en raison d’une altération grave et durable de ses facultés. Le tuteur agit au nom du majeur protégé, sous le contrôle du juge des contentieux de la protection et, le cas échéant, d’un conseil de famille.
L'habilitation familiale
Introduite en 2015 et simplifiée par la suite, elle permet à un proche d’être habilité par le juge à représenter ou assister un membre de sa famille, sans mise en place d’un contrôle judiciaire aussi resserré que celui de la tutelle. Elle traduit la volonté du législateur de privilégier les solutions familiales lorsque l’entourage est en mesure de les porter.
Le fonctionnement d'un service de tutelle
Lorsque la mesure ne peut être confiée à un membre de la famille (par absence de proche disponible, conflit familial ou complexité de la situation), le juge désigne un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), le plus souvent rattaché à un service mandataire (comme l’ATVM, établissement médico-social habilité).
L’organisation interne d’un service de tutelle repose généralement sur :
- des délégués à la protection des majeurs, titulaires du Certificat national de compétence (CNC) de mandataire judiciaire, en charge d’un portefeuille de mesures
- un pôle administratif et comptable, chargé de la gestion des comptes, des budgets, du suivi des prestations sociales et des déclarations fiscales des personnes protégées
- un encadrement garantissant le contrôle interne des pratiques, la formation continue des équipes et la relation avec l’autorité judiciaire
Le contenu de la mission varie selon la mesure, mais recouvre le plus souvent :
- la protection de la personne (respect de ses choix de vie, information sur les actes la concernant, accompagnement des décisions relatives au logement ou à la santé)
- la gestion patrimoniale (établissement de l’inventaire initial du patrimoine dans les trois mois suivant l’ouverture de la mesure, tenue des comptes, ouverture des droits sociaux)
- la reddition des comptes, avec transmission annuelle au greffe ou à un professionnel chargé de leur vérification (expert-comptable, notamment lorsque le patrimoine ou les revenus dépassent certains seuils)
Le financement des mesures exercées par l’ATVM est assuré par une participation de la personne protégée, calculée selon un barème national fonction de ses ressources, complétée le cas échéant par un financement public (dotation globale de financement ou forfait, selon le statut du service).
L'ISTF : Information et Soutien aux Tuteurs Familiaux
À côté des services mandataires professionnels, la loi du 5 mars 2007 a consacré le principe de priorité familiale : chaque fois que possible, la mesure de protection doit être confiée à un membre de la famille ou à un proche. Or exercer une tutelle ou une curatelle familiale suppose de maîtriser des obligations juridiques, administratives et comptables souvent éloignées du quotidien des familles.
C’est pour répondre à ce besoin que se sont développés, les services d’Information et de Soutien aux Tuteurs Familiaux (ISTF). Les missions du service ISTF sont de :
- informer sur les bases légales et réglementaires des différents régimes de protection
- apporter un soutien technique individualisé (entretiens confidentiels, en présentiel ou par téléphone) pour l’accomplissement des obligations du tuteur ou curateur familial
- organiser des temps d’information collective, à la demande d’associations, de foyers de vie ou d’établissements
- rompre l’isolement des tuteurs familiaux et les accompagner dans la durée de leur mission
Ce service, gratuit et ouvert à tous, est assuré par des professionnels (souvent eux-mêmes titulaires du CNC de mandataire judiciaire) et principalement financé par l’État. Il constitue un maillon essentiel entre les familles, les tribunaux et les établissements d’accueil, en facilitant une protection à la fois conforme au droit et fidèle au parcours de vie de la personne accompagnée.



















