Conformément aux engagements présidentiels, l’allocation aux adultes handicapés (AAH) à taux plein a été revalorisée à hauteur de 900 euros depuis du 1er novembre 2019. Toutefois, certaines mesures votées parallèlement risquent d’impacter voire neutraliser d’ici quelques années les effets de cette revalorisation.

 

L’Unapei salue cette seconde revalorisation de l’AAH qui va permettre un gain avéré pour les allocataires concernés. Toutefois, elle regrette que cette mesure s’accompagne de nouveau de plusieurs dispositions qui risquent d’en atténuer sa portée…

– D’une part, le même décret relatif à la revalorisation de l’AAH prévoit une nouvelle baisse du plafonds de ressources pour les personnes en couples, passant de deux fois le plafond d’une personne seule à 1,89 en novembre 2018 puis à 1,81 au 1er novembre 2019. L’Unapei déplore cette nouvelle baisse et revendique depuis des années la suppression de la prise en compte des ressources du conjoint, partenaire de PACS ou concubin pour le calcul de l’AAH, afin que de garantir une réelle autonomie et sécurisation financière aux personnes handicapées.

– D’autre part, comme l’an dernier, les projets de loi de finances pour 2020 prévoient de diminuer le taux de revalorisation annuelle des prestations sociales (AAH, prime d’activité, allocations logement…) à hauteur de 0,3%, soit bien en dessous du taux d’inflation retenu chaque année. Cette faible indexation risque de se traduire par une forte baisse du pouvoir d’achat des allocataires sur les prochaines années.

L’Unapei, ainsi que plusieurs autres associations, ont proposé des amendements dans le cadre des projets de lois de finances actuellement débattus afin que ces mesures budgétaires ne viennent pas impacter la revalorisation exceptionnelle de l’AAH tant annoncée.

Revalorisation pour les personnes hébergées en établissement

L’Unapei, qui a été auditionnée sur les projets de loi de finances pour 2020, a rappelé que les effets de cette mesure de revalorisation étaient également très relatifs pour les personnes hébergées en établissement, lesquelles n’ont pas bénéficié d’une revalorisation exceptionnelle de + 90 euros de leurs ressources, contrairement à ce qui avait été annoncé, mais d’une légère proratisation du minimum de ressources garanti par la réglementation après le paiement de leur contribution aux frais d’accueil et d’hébergement (le différentiel étant reversé aux départements).

Pour rappel, ce minimum est fixé par rapport à un pourcentage de l’AAH à taux plein et diffère selon la situation familiale, le type d’établissement et le mode d’accueil de la personne hébergée. Par exemple, pour une personne qui ne travaille pas, hébergée la semaine en foyer, le minimum garanti par la réglementation est fixé à hauteur de 30% de l’AAH à taux plein ; son « reste à vivre » est donc passé de 245 euros, à 258 euros en novembre 2018, puis à 270 euros au 1 novembre 2019.

Nos meilleurs sentiments.

 

Article publié le 25 novembre 2019

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